TOUS FANS DE HARRY POTTER ! Entretien avec Christophe Mauri | Gallimard Jeunesse

Entretien

Publié le 11/08/2016

TOUS FANS DE HARRY POTTER ! Entretien avec Christophe Mauri

Christophe Mauri est l’auteur de la série en cinq tomes Mathieu Hidalf. À l'âge de treize ans,
Christophe Mauri adresse son premier roman au comité de lecture des éditions Gallimard Jeunesse.
C'est le début d'une relation forte, jalonnée d'envois et d'encouragements, qui se conclut le jour
des vingt-deux ans du jeune auteur, lorsque le comité lui propose la publication du Premier défi de
Mathieu Hidalf. Depuis, Christophe Mauri se consacre à l'écriture.

 
Christophe Mauri - Photo C. Hélie
Christophe Mauri - Photo C. Hélie
Quel est votre souvenir en tant que lecteur de Harry Potter ?

CHRISTOPHE MAURI – Un souvenir familial. Chez moi, toutes les générations l’ont lu : ma grand-mère, mes parents, mes cousins… Nous le dévorions en même temps et pendant des années, il suffisait que l’un d’entre nous prononce « Harry Potter » lors d’une réunion de famille pour partir dans des heures de discussion ! À partir du quatrième tome, ma mère nous embarquait pour vivre chaque sortie sur les Champs-Elysées. Je me souviens de la queue, du froid, de notre fébrilité (à chaque fois qu’une blonde apparaissait près de la porte, nous hurlions en pensant que c’était J.K. Rowling !). Et au retour, nous lisions notre livre.

 

Vous faites partie des lecteurs ayant découvert la série au fur et mesure de la sortie des tomes…

C. M. – Exactement. Aujourd’hui, je me dis que c’est une chance immense. Je n’arrive pas à imaginer ce que vit un lecteur qui enchaîne les sept tomes en quelques mois ! Ma découverte de cette
œuvre est aussi faite d’une magnifique attente qui laissait la place au fantasme.

 

Quelle place ont ces livres de Harry Potter dans
votre vie de lecteur ?

C. M. – Harry Potter est ma Madeleine de Proust. Cette aventure touche des moments de ma vie incroyablement différents, de mon jeune âge à la vie adulte. Et dans les années de mutation que sont celles de l’adolescence, Harry Potter était finalement un facteur qui évoluait sans changer. Il était formidablement rassurant. En cela, ce livre est unique pour moi. Je rêve déjà de le lire à mes enfants…

 

Y a-t-il un lien avec votre désir d’écrire ?

C. M. – Le lien est énorme ! J’ai commencé à écrire à 13 ans. J’étais tellement fidèle à Harry Potter que lire un autre livre me faisait pleurer alors je me suis mis à écrire pour patienter entre les tomes ! Entre 13 et 17 ans, j’ai écrit ce qui a été la genèse de Mathieu Hidalf. Cela m’a influencé car j’ai voulu faire une série avec un héros qui grandit.

 

Quelle principale qualité littéraire reconnaissez vous à cette œuvre ?

C. M. – Le coup de génie de cette auteur est pour moi d’avoir réussi à créer autant de personnages toujours identifiables malgré leur nombre. Enfant, je me souviens de m’être promis de ne pas avoir un jour un regard pédant sur cette lecture de
jeunesse. J’ai du mal à entendre ceux qui prétendent que c’est du marketing. Il ne faut jamais confondre le succès commercial d’une œuvre avec sa qualité. Faire la queue à minuit pour attendre un livre de qualité, je trouve ça beau. Juste beau. C’est un livre que je veux défendre, je fais partie de ceux qui peuvent avoir un débat vif avec une personne qui le dénigrerait. J.K. Rowling a vraiment révolutionné la littérature de jeunesse en inventant cet univers. Et si je vais au bout de ma logique, dans ma vie de lecteur adulte, il n’y a qu’un livre où j’ai retrouvé des émotions de lecteur aussi intenses : Guerre et paix de Tolstoï !

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