Entretien

Publié le 24/03/2026

Entretien avec Audrey Alwett, autrice de "Magic Charly"

Comment invente-t-on un univers fantastique ? La magie aide-t-elle les personnages à grandir ? Est-ce amusant de créer un nouveau vocabulaire qui n’existe que dans ses romans ?
L’autrice de Magic Charly, Audrey Alwett, a accepté de répondre à nos questions.

La trilogie Magic Charly d'Audrey Alwett en format Folio Junior !

Pour commencer, qu’est-ce qui vous a donné envie d’inventer un monde fantastique pour votre trilogie de romans Magic Charly ?
Ma grand-mère est morte de sénilité. C’était très dur de ne rien pouvoir faire, de ne pas réussir à aider ceux qu’on aime. Mais grâce à la magie, tout devient possible.
J’ai donc imaginé Charly, à qui sa grand-mère ne peut plus rien transmettre (et notamment l’apprentissage de la magie) puisqu’elle a perdu la mémoire. Contrairement à moi, Charly pourra sauver sa grand-mère, tout en se sauvant lui-même, en combattant les injustices du monde qu’il découvre.

 

Vous inspirez-vous du monde réel pour créer cet univers magique ? D’objets ou d’animaux qui existent pour les détourner ?
Un de mes grands plaisirs lorsque je crée des univers est de les imaginer prendre vie : les toilettes de faïence de Célestin
Bourpin se prennent par exemple pour le chien de la maison. Elles sont affectueuses, toujours prêtes à défendre leur maître et manifestent leurs émotions en tirant leur chasse d’eau. Pépouze, la serpillière apprivoisée de Charly, est elle aussi très attachante. Depuis que ce personnage existe, j’ai d’ailleurs appris que certains lecteurs ont rebaptisé l’aspirateur
familial Pépouze !
Parfois, je reprends certaines légendes et les transforme : les « Poulpiquets » sont des lutins bretons traditionnels, mais dans Magic Charly, ce sont des « gnomes-GPS » qui peuvent vous conduire n’importe où, en échange d’histoires dont ils se nourrissent.

 

"Tout le monde peut apprendre à faire de la magie !"
Parchemine à Charly dans Magic Charly

 

En particulier, comment trouvez-vous les noms magiques (créatures, sortilèges, recettes, etc.) ?
Souvent à partir d’expressions ou de mots de la langue française ! Pour les « madeleines de réconfort » que cuisine Sapotille, et qui provoquent larmes et souvenirs, je me suis amusée avec l’expression « pleurer comme une Madeleine ». La « tarte-chercheuse » vient bien sûr des torpilles à tête chercheuse, mais je trouvais ça plus rigolo avec de la chantilly. Les « apocachips » font trembler la terre lorsqu’on les croque ; les « patates-patates » sont des patates violentes qui flanquent… des patates !
Il m’arrive également d’utiliser et de mélanger des synonymes mais aussi des mots de langues que j’ai étudiées, souvent le grec et le latin, parfois l’allemand. Pour la « gemnez » qui est un souvenir magique et une monnaie, j’ai contracté le mot « gemme » qui désigne une pierre précieuse et le grec « mnêmê» qui signifie « mémoire ».

 

Charly, au début du roman, ignore tout de ses pouvoirs de « magicier ». Est-ce que la magie lui permet de grandir ?
Nous avons besoin du merveilleux pour nous épanouir. Un enfant qui ne s’émerveille pas ne peut grandir sereinement. Les auteurs sont peut-être ceux qui ont le mieux compris à quel point cette mission était essentielle : faire rêver le monde. Et c’est toujours plus efficace avec un peu de magie… C’est pour ça que j’en glisse autant dans mes livres et que, en effet, elle aide Charly à grandir.
Pour moi, la magie est aussi l’arme des désespérés qui luttent contre les injustices. Quand tout est fichu, quand les méchants sont si puissants, il reste la magie pour que la justice l’emporte. Se nourrir de récits magiques, c’est constituer des forces pour ne pas abandonner la réalité à son triste sort.

 

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