TOUS FANS DE HARRY POTTER ! Entretien avec Christelle Dabos | Gallimard Jeunesse

Entretien

Publié le 11/08/2016

TOUS FANS DE HARRY POTTER ! Entretien avec Christelle Dabos

Christelle Dabos est l’auteur de La Passe-Miroir (t.1 Les Fiancés de l’hiver et t. 2 Les Disparus du Clairdelune). Elle est née en 1980 sur la Côte d'Azur. Elle commence à gribouiller ses premiers textes sur les bancs de la faculté et se destine à être bibliothécaire. Elle décide de relever son premier défi littéraire en participant au Concours du Premier Roman Jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, Télérama et RTL, dont elle devient lauréate.

Christelle Dabos @C. Hélie.
Quelle place a cette œuvre pour vous ?

CHRISTELLE DABOS – Les Harry Potter ont eu sur ma vie l’impact d’une météorite. J’ai découvert cette œuvre quand j’étais étudiante. Seuls quatre tomes étaient alors publiés. Ils m’ont rappelé ce qu’était le plaisir de lire. Ils m’ont aussi fait vivre ma première vraie frustration : il me faudrait attendre la suite. Cette nécessité a joué un rôle déterminant dans mon parcours. J’ai découvert l’univers des « fanfictions » à travers Internet. Je me suis fait une très bonne amie belge sur un forum : nous nous sommes mutuellement lues et encouragées. Elle m’a invitée en Belgique et j’ai trouvé dans les rues de ce pays un peu du Chemin de Traverse ! Je ne suis plus jamais partie et je n’ai plus cessé d’écrire depuis.

 

Quel souvenir avez-vous de votre première lecture?

C. D. – C’était en 2001, après avoir vu le premier film qui venait alors de sortir au cinéma. J’avais surtout été surprise par la fin où l’ennemi caché n’était pas celui qu’on croyait être. J’ai découvert un univers paradoxalement beaucoup plus sombre et beaucoup plus drôle que ce à quoi je m’attendais.

 

Quelle est la singularité de cette saga selon vous ?

C. D. – Les personnages !
J.K. Rowling a enfanté une galerie de sorciers et de moldus où chacun possède une présence, un passé, des petites manies et une belle part d’ombre. Les voir grandir et évoluer donne de la dynamique au récit et crée une très forte complicité avec le lecteur.

 

Est-ce que Harry Potter vous a inspiré ?

C. D. – De la crise d’adolescence aux actes de terrorisme, en passant par un climat digne de la Seconde Guerre mondiale (idéologie eugénique, conflits armés, résistance, torture), les livres plongent leurs racines dans notre réel. J’ai trouvé ce travail de transposition passionnant ! Et c’est quand j’ai réalisé que je pouvais me servir de ma propre imagination comme d’un miroir que je suis devenue pleinement auteur à mon tour. Il y a aussi des domaines où j’ai voulu, à l’inverse, prendre le contrepied des Harry Potter. Le manichéisme et la prédestination, notamment au sujet des Serpentards, m’ont posé question dans les livres. En tant qu’auteur comme en tant que lectrice, je trouve plus intéressant de penser les personnages au-delà de la dichotomie gentil/méchant.

 

Avez-vous un personnage préféré ?

C. D. – Le professeur Rogue a longtemps été mon grand favori. Son phrasé savoureux, son ambiguïté perpétuelle, la tension qu’il instaurait à chacune de ses interventions me le rendaient fascinant ! Mais le personnage pour lequel j’ai le plus de tendresse et dont l’évolution m’a le plus épatée, c’est Neville Londubat.

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