Mes années collège

Le grand saut

Pour l’enfant et ses parents, l’entrée au collège est un nouveau cap à franchir. Plus de « maîtresse » aux petits soins, plus de mamans tendant amoureusement le goûter à la sortie, plus d’horaires fixes ni de salle de classe attitrée. Du statut de « grand » en élémentaire, l’enfant passe à celui de « petit » du collège. Il va devoir s’adapter à un environnement plus vaste, plus anonyme, gérer un emploi du temps variable, intégrer des consignes moins explicites, rester parfois tout seul à la maison après les cours. Davantage de responsabilité d’un côté, plus d’autonomie, de l’autre : n’est-ce pas cela, grandir ?

Les copains et les copines d’abord

Le constat a de quoi rassurer : dans leur immense majorité, les élèves aiment le collège. Pas tant pour le travail en classe que pour la vie au collège ! Le collège, c’est avant tout être avec ses pairs, échanger, se faire des confidences, se lier d’amitié, se disputer, se réconcilier, s’admirer, s’imiter, rivaliser. Bref, c’est faire l’apprentissage des liens sociaux. A l’adolescence, période où l’on se cherche et où l’on a un énorme besoin de reconnaissance, l’appartenance à une communauté joue un rôle essentiel.

Elève et ado font-ils deux ?

Entre le préado qui fait son entrée au collège et le jeune homme ou la jeune fille qui en sort quatre ans plus tard, quelle différence ! Impossible d’évoquer les années collège sans prendre en compte la puberté et ses bouleversements. Derrière des élèves plus ou moins « à problèmes » se cachent des êtres en mutation, dont l’énergie est mobilisée par des changements physiques et psychologiques dont on ne mesure pas toujours la portée. Le vécu de l’adolescent est difficile car il est fait de contraires : opposition à l’autorité et recherche de limites stables, volonté d’indépendance et difficulté d’en assumer les exigences, manque de confiance en soi et défiance par rapport aux adultes. Pour les enseignants et les parents, la tâche n’est guère plus simple : il leur faut constamment trouver l’équilibre entre indulgence et fermeté, encouragements et rappels à l’ordre, respect des distances et accompagnement.

Un ado, ça lit… mais différemment !

Les adolescents d’aujourd’hui seraient fâchés avec la lecture ? Nuance, nuance ! La lecture, certes, n’est plus sacralisée. Elle est devenue un média parmi d’autres, en concurrence avec les réseaux sociaux, le cinéma, la télévision. Par ailleurs, elle requiert un certain isolement alors que les adolescents privilégient les pratiques sociales collectives. Cela étant, les adolescents continuent de lire mais ils lisent autrement. Symbole de ce tournant : le phénomène Harry Potter dont le premier tome paraît en 1997. Depuis, les grandes sagas et séries fantastiques (Le Seigneur des Anneaux, Twilight, Le monde de Narnia, À la Croisée des Mondes…) passionnent les ados. Suffisamment riches pour être portées au grand écran, elles nourrissent les échanges et « marquent » toute une classe d’âge. Les jeunes apprécient également les romans d’aventure et de science-fiction (Vango, Le Chaos en marche), les policiers, les récits et témoignages de vie (Enquête au collège, La mémoire trouée). Sans oublier les BD – contemporaines mais aussi classiques – ainsi que les mangas qui ont la part belle, autant chez les préados que chez les ados.

L’importance à cet âge est de pouvoir partager ses passions avec ses pairs et de retirer de la lecture une expérience immédiate : frissons, larmes, rires, révélation, apprentissage. Y a-t-il vraiment lieu de s’inquiéter ?

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