Les bêtises

Tantôt charmantes, tantôt insupportables, les bêtises sont caractéristiques de l’enfance. À se demander ce que feraient les parents sans les bêtises de leurs enfants !

Petit tour d’horizon d’un terme pas si bête que cela...

Une curiosité à toute épreuve

Utiles, les bêtises ? Indispensables même au développement de l’enfant. Dès l’âge d’un an, l’enfant fait preuve d’une curiosité insatiable. Il découvre le monde et teste ses capacités grandissantes. De jour en jour, il gagne en autonomie et cherche à imiter les adultes. N’ayant pas conscience de ses propres limites ni des risques qu’il encourt, il tente toutes sortes d’expériences intéressantes : étaler un yaourt sur la table pour le patouiller, faire tomber une assiette ou un plat trop lourd, s’amuser avec la litière du chat, gribouiller le mur ou la moquette de sa chambre... Il n’y a pas d’apprentissage sans dégâts collatéraux !

 

 

 

Du calme et des explications

Lorsqu’un jeune enfant a des tentatives malheureuses, il est déjà assez vexé comme cela. Gardez votre calme car il n’a pas voulu mal faire. Ce serait l’humilier que de le réprimander en le traitant de « méchant » ou en lui disant qu’il est trop petit et qu’il fait n’importe quoi. Mieux vaut encourager ses initiatives tout en lui proposant de l’aider. Si les dégâts ont déjà eu lieu, expliquez-lui pourquoi ce n’est pas possible d’agir ainsi et n’hésitez pas à lui demander son concours, même symbolique, pour réparer son forfait. Si vous perdez patience et recourez à une punition qui ne s’imposait pas, inutile de vous culpabiliser : l’important est de vous réconcilier afin de ne pas laisser l’enfant se débrouiller tout seul avec sa colère et son angoisse de perdre votre amour.

   

 

Entre liberté et limites, l’équilibre à trouver

Laisser l’enfant faire ses expériences, ne pas le gronder ni le brimer pour des peccadilles, c’est essentiel pour lui donner confiance en lui et l’encourager à grandir. Cela étant, le danger est une limite non négociable. Tant que l’enfant n’en a pas vraiment conscience, prenez toutes les précautions nécessaires pour limiter ses tentations : objets fragiles et contondants hors de portée, cache-prises, systèmes auto-bloquants aux fenêtres, médicaments et produits ménagers sous clé.

Quand l’enfant est en âge d’intégrer certains interdits, la cohérence et la fermeté s’imposent : restez sur la même ligne sans varier d’attitude en fonction de l’humeur du moment. Accompagnez toujours vos « non » ou vos sanctions d’arguments simples et clairs. Des limites stables sont rassurantes et structurantes pour l’enfant.

 

 

 

Les bêtises, signe de bonne santé

Les bêtises du tout petit sont liées à son besoin d’exploration. Celles du plus grand relèvent davantage de la transgression. Un enfant, au fond, est très dépendant et vulnérable. Pour s’affirmer, il doit se confronter aux règles des adultes et tester les limites à ne pas dépasser. Les bêtises sont une manière de résister, d’exister par soi-même, de se sentir puissant et capable face au monde des grands. Faire des bêtises, c’est aussi une façon de jouer avec la réalité et de négocier avec ses contraintes. Certaines bêtises, très créatives et amusantes, témoignent ainsi d’une bonne santé psychique.

Quand les bêtises sont un appel...

Trop, c’est trop ! Il arrive qu’un enfant enchaîne les bêtises. Réprimandes et sanctions n’ont aucun résultat et les tensions s’accumulent dans le cercle familial. Intuitivement, les parents sentent que l’enfant « fait exprès » de les provoquer en permanence. De plus, les bêtises en question n’ont rien de très ludique : objets de la maison jetés dans la poubelle, jouets détériorés, mauvais tours joués aux animaux domestiques ou aux frères et sœurs etc. S’il se répète et se prolonge, ce comportement est un signal. L’enfant, le plus souvent, réclame de l’attention et il n’a trouvé que ce moyen pour que l’on s’intéresse à lui. Pour rompre le cercle vicieux, le dialogue, la disponibilité et les signes d’affection de ses parents lui permettront de surmonter ce passage difficile.

 

   

Les bêtises, un ressort universel de la littérature jeunesse

Des tout premiers albums aux grands classiques, de l’infernale Sophie de la Comtesse de Ségur aux polissons de La Guerre des Boutons, de l’espiègle Petit Nicolas aux farces désopilantes des héros de Roald Dahl, les bêtises ont la part belle dans la littérature jeunesse. Et pour cause ! Entre admiration et réprobation, l’enfant se régale des sottises, bévues et mauvaises blagues de ses congénères. Une excellente manière de dédramatiser ses propres bêtises et d’en vivre d’autres ... en imagination.

France Cottin
Psychologue pour enfants

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