Encourager les premiers mots

Le langage commence bien avant les mots

Avant l’émergence des premiers mots, le tout petit ‘parle’ déjà à sa façon. Il s’exprime par des gestes, des mimiques, des attitudes corporelles. Très vite, il retient les expressions du visage, se montre attentif aux intonations : une parole aimante ou une chanson suffisent à le calmer, un sourire le fait rire aux éclats. Dès 3 mois, le bébé s’entraîne à jouer avec les sons : bruits de bouche, gazouillis, vocalises de plus en plus variées. Lorsque l’adulte vocalise avec lui, il cherche à l’imiter et prend grand plaisir à cet échange sonore.

Chargée d’émotion, cette communication non verbale des premiers mois joue un rôle essentiel dans l’équilibre affectif de l’enfant et dans l’acquisition ultérieure du langage. L’immense majorité des parents y sont attentifs et dialoguent spontanément avec leur bébé bien avant qu’il ne prononce ses premiers mots.

Les grandes étapes

A partir de 6-8 mois, l’enfant va passer des vocalises aux mots. Il commence par répéter des sons et à doubler des syllabes simples avant de procéder à des assemblages plus élaborés. Aux alentours de 12-14 mois, il possède quelques mots, plus ou moins bien articulés mais associés au sens : c’est le début du langage verbal. A 18 mois, il disposera en moyenne d’un vocabulaire de 10 à 20 mots et en comprendra bien davantage.

Dès lors, on assiste à une véritable explosion langagière, l’enfant enrichissant jour après jour son lexique. Les phrases viendront progressivement : on a coutume de dire que la première année, l’enfant dit des mots isolés, qu’à 2 ans, il associe facilement deux mots et à 3 ans, trois mots.

Parler, c’est échanger

Le langage est avant tout relation à l’autre. Son ressort essentiel : le plaisir de l’échange. Pour l’éveiller, il suffit d’accompagner de paroles spontanées les gestes de la vie quotidienne. Ce n’est pas la quantité de paroles qui prime, mais la disponibilité et la chaleur de l’adulte qui parle, explique, chante, raconte.

Il ne s’agit pas de trop stimuler l’enfant mais de lui dire, quand le moment s’y prête, ce qui est en train de se passer ou ce qui va se passer, de mettre des mots simples sur ses découvertes et ses émotions, d’observer avec lui et de décrire son environnement familier, de récapituler le soir les épisodes de la journée.

Pour motiver votre enfant, faites-vous son interprète en donnant du sens à ce qu’il essaie de nommer de manière sommaire. Au tout début, ne le reprenez-pas systématiquement lorsqu’il prononce mal ou confond des mots, cela risquerait de le bloquer : contentez-vous, de temps à autre, de reformuler correctement.

Imagiers : pour le plaisir des mots

Les imagiers sont un excellent moyen d’accompagner l’entrée dans le langage et la découverte du monde. Aujourd’hui, les austères grilles d’images légendées ont laissé place à des promenades interactives et créatives, entre images, mots et même vignettes sonores.

Centrés sur l’environnement familier, les plus simples peuvent être proposés dès 10-12 mois, âge du pointage des objets qui précède l’apparition des premiers mots. Ceux qui sont destinés aux plus grands s’enrichissent de phrases, abordent des notions plus abstraites et proposent toutes sortes d’activités ludiques autour de la langue.

L’imagier encourage l’enfant à passer de l’identification à la nomination, stimule ses capacités d’observation, élargit son vocabulaire. Au-delà, il l’initie au plaisir des sonorités et aux jeux de langage. L’enfant y apprend des mots utiles mais il découvre aussi le charme des mots drôles, savoureux, poétiques, musicaux, surprenants ou bizarres.

Partagez ce plaisir avec votre enfant, sans attendre à tout prix des réponses justes. Laissez plutôt l’enfant s’attarder sur les images de son choix ; brodez, complétez, mimez, imaginez, associez, creusez ensemble les mots ! Le résultat vous surprendra…

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