Développer son imaginaire (6-9 ans)

La pensée magique

La pensée du tout-petit est essentiellement dirigée vers l’action, centrée sur les objets et les expériences du moment présent. A partir de 2/3 ans, l’enfant devient capable de se représenter le monde «dans sa tête», de le modifier ou même de le transformer. Avec un immense plaisir, il découvre qu’il peut non seulement imiter ce que font les grands, mais aussi inventer des personnages, des lieux, des situations imaginaires. Il ne se contente plus de manipuler les objets de manière fonctionnelle mais les met au service de son imagination, à travers toutes sortes de jeux symboliques. C’est l’âge du «faire semblant» et de la «pensée magique» où un balai peut devenir un cheval, une feuille de papier un avion, une promenade au parc une expédition dans la jungle…

Imagination et raison font bon ménage

Pendant longtemps, jusqu’à 6 ans environ, l’enfant évolue dans un monde où rationnel et irrationnel, imaginaire et réalité n’ont pas de frontières bien établies. L’apprentissage de la réalité est un long processus et l’activité imaginaire permet à l’enfant d’apprivoiser peu à peu le monde qui l’entoure, avec ses interdits, ses contraintes et ses bonheurs possibles. Les adultes craignent parfois qu’un enfant qui passe du temps à rêver ou à jouer avec un héros imaginaire s’isole dans un monde fantastique et perde contact avec la réalité. Il n’en est rien, rassurez-vous! Le monde imaginaire est, au contraire, un élément structurant de la personnalité, L’imagination n’est ni dangereuse, ni accessoire, elle est indispensable, avant mais aussi après l’«âge de raison», pour construire sa pensée et instaurer une relation vivante au monde.

Les histoires, une précieuse «fabrique» d’imaginaire…

Développer son imaginaire dès le plus jeune âge, c’est important. Dans le jeu et les activités manuelles ou artistiques, l’enfant trouve un terrain d’expression favorable à sa créativité. Les histoires, racontées puis lues par l’enfant lui-même, sont, bien entendu, une autre ressource privilégiée pour nourrir l’imaginaire. A travers les contes, les fables, les grands récits mythologiques et, plus largement, les fictions de qualité, classiques ou contemporaines, l’enfant s’évade dans un monde où tout est possible. En s’identifiant aux réussites ou aux mésaventures des personnages, en s’appropriant leurs dons ou leurs pouvoirs, il trouve des solutions pour apprivoiser ses peurs et mieux gérer sa dépendance par rapport aux adultes. Il met des mots sur ses émotions et découvre toute la palette des sentiments humains.

… et de créativité

En se plongeant dans une histoire, l’enfant se construit un espace bien à lui, dans un dialogue intime et silencieux auquel il prend une part active, à rebours du divertissement «consommé» de manière impersonnelle. Il accède à une autre lecture du monde, dans lequel le merveilleux, la poésie, la fantaisie, la sensibilité et l’humour ont tous les droits. Grandir au contact des contes et des histoires, c’est se donner une chance de plus de devenir un adulte créatif et inventif.

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